Chose promise, chose duse ! J'avais promis de relater (rapidement) l'arrivée de Daphné :
Dimanche 11 avril, me sentant patraque et après une petite sieste, je prends ma température : 37,8°C, ce qui pour moi est beaucoup. Sur l'insistance de Marc, j'appelle la maternité, qui me confirme que ce n'est pas de la fièvre... Seulement voila, j'ai très mal au dos, comme si j'avais un parpaing dans les reins. La sage-femme que j'ai en ligne me suggère alors de passer à l'hôpital pour une bandelette urinaire, puisque je n'habite pas loin (visiblement, elle n'y croit guère...).
Dont acte... le pipi test révèle une petite infection, mais surtout la fièvre continue d'augmenter... La tension elle, est toujours nickel. Au bout d’un certain temps, la sage-femme m’annonce qu’il y a quand même des contractions bien visibles sur le monito (ah ouais ? je sens toujours rien, moi !), elle me fait un petit toucher vaginal et oh ! surprise ! col dilaté à deux doigts ! Donc on continue la surveillance, en accord avec le gynécologue de garde.
Après ça, j’ai un peu perdu le fil... On m’a pris mon dossier médical, changement d’équipe oblige. La fièvre a continué à augmenter, on m’a mis un cathéter dans le bras, j’ai eu des antibio, vers 22h j’ai commencé à comprendre comment une contraction pouvait être douloureuse… Et puis au moment où une sage-femme regarde le tracé du monito… ça bipe, elle appelle à l’aide tout en me mettant sur le côté gauche, on m’enfile un capteur au bout du doigt… Apparemment le cœur du bébé a décroché, arythmie due à la fatigue provoquée par la fièvre et les contractions. (ça y est, je flippe sérieusement).
Finalement vers 22h30, compte tenu du faisceau de symptômes (oligoamnios+fièvre d’origine inconnue+arythmie fœtale), on décide de m’hospitaliser pour me surveiller « au cas où vous accoucheriez cette nuit ». Euh… ch’peux pas j’suis qu’à 36 semaines… Tu parles ! ils ont l’air d’y croire. En attendant, je suis priée de rester sur le côté gauche (être sur le dos semble provoquer les décrochages du cœur du bébé…), je peux de temps en temps me remettre sur le dos pour soulager ma hanche, mais pas longtemps.
Juste avant minuit, je suis montée en chambre, service grossesses à risques… rien que le nom fait envie ! Et c’est parti pour 36 heures de fièvre fluctuante (jusqu'à 38,9°C), de prises de sang, de perf d'antibiotiques, de (longs) monitorings et de vagues menaces de césarienne en urgence.
Les origines de ma fièvre restent floues : la première nuit, on me parle de grippe, à tel point que l'élève sage-femme qui vient me réveiller porte un masque ! Lundi, le gynécologue de garde est persuadé que c'est la listériose (et tant pis si on lui assure que non, on n'a rien mangé de suspect ces derniers jours...)
Et les deux nuits, on m'interdit de boire à partir de minuit "au cas où on vous descende au bloc..." alors que bien sûr, je meurs de soif !
Entre-temps, la nouvelle a fait le tour de France (il faudra encore quelques heures pour qu'elle atteigne l'Amérique), et ma-maman-à-moi est arrivée sur place... Heureusement, on commençait à avoir sérieusement besoin d'une cat-sitter ! Et Marc m'a apporté ma valise... la fameuse valise que je n'avais pas encore faite, puisqu'il me restait un mois... Seules les affaires de bébé étaient rassemblées et prêtes au départ (heureusement que j'avais tout lavé, hein ?)
Et puis mardi (au petit) matin, monitoring qui démarre mal (arythmie, encore)...
Le gynéco de garde (le même que lors de mon admission aux urgences) vient me voir pour me dire que compte tenu de tout ce qui se passe et bien qu'il fasse partie de ceux qui tentent les voies basses pour les bébés en siège, il préfère "sortir ce bébé par césarienne pour éviter de le fatiguer". Étonnement poli de ma part "Euh... aujourd'hui ?????" Réponse non moins courtoise "Oui, oui, dès que vous êtes prête on vous descend au bloc. Par contre je ne sais pas si on va vous faire une anesthésie générale ou pas, ça dépend de l'anesthésiste de garde".
Vers 10h, Marc et moi prenons chacun notre ascenseur. Lui avec la première petite tenue à mettre au bébé, moi dans mon lit poussé par deux brancardières. J'ai quand même le droit de me lever pour atteindre le bloc où on va m'opérer, en anesthésie générale car comme me l'explique l'anesthésiste, l'anesthésie locale pourrait faire migrer des germes dans ma moelle et me provoquer une méningite. C'est sûr que vu comme ça...
Après ça a été rapide : sonde, injections diverses, masque à oxygène (sous lequel j'ai cru étouffer tant l'infirmière appuyait)... L'anesthésiste m'a dit qu'elle m'injectait le produit, et m'a immédiatement secouée pour me réveiller (m'a-t-il semblé). Marc m'a récupérée en salle de réveil, et m'a annoncé que c'était une fille...
Daphné est née le 13 avril 2010 à 10h56.